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  • Coup de cœur et crise de larmes assurés pour ce drame poignant perpétré par le réalisateur belge de La Merditude des choses alias Félix Van Groeningen. Un retour gardant la marge mais trouvant sa juste force d’interprétation, une cuvée directement inspirée du pays de l’oncle Sam, mais prouvant au passage à ce dernier qu’il n’a pas tout à fait le monopole des cow-boys. 

    Bluegrass et love story

    Sur fond de musique country puriste, la carte postale belge flaire comme un air d’Amérique profonde et c’est tant mieux. On s’y croirait volontiers, cela ne rime pas à grand chose, mais déconnecter les éléments de leur contexte initial va s’avérer une réelle idée de génie. Nul besoin d’autres subterfuges, nos protagonistes vont vivre et démystifier leur histoire avec une passion telle que tout, absolument tout, va nous paraître à la fois plausible et assurément beau.

    Sorti fin 2012 en Belgique sous le nom The Broken Circle Breakdown (nom du groupe de nos protagonistes dans le film) et applaudi de critiques dithyrambiques, le film a tardé à s’afficher dans nos salles. En bons derniers et voisins peu rancuniers, c’est avec de grandes attentes que nous recevons aujourd’hui Alabama Monroe (le titre choisi pour les français).

    Alabama Monroe

    L’histoire du film gravite autour de Didier, véritable passionné des states, musicien à la barbe bien charnue et d’Elise, blonde pétillante, gérante d’un salon de tatouage et chanteuse à ses heures perdues. Ce duo formé par de charismatiques acteurs, étonne et sublime le film par son jeu à la frontière du réalisme. Des rôles sur mesure donc, surtout quand l’on apprend qu’Alabama Monroe est une adaptation de la pièce de théâtre de Johan Heldenbergh, acteur fétiche du réalisateur et également le juste interprète de Didier.

    Un tandem principal aux allures de couples rock mythiques, non sans rappeler les célèbres Johnny Cash et June Carter. Ils sont peu conformistes, beaux, talentueux et doux rêveurs, la musique les anime presque autant que le simple fait d’aimer, c’est brut, utopiste, sauvage et purement romantique. Leur idylle naît d’une rencontre fortuite à un concert et nos deux tourtereaux vont progressivement devenir des stars locales. La belle vie à la scène comme à la ferme en somme. La relation entre le joueur de banjo et sa tatoueuse est clairement fusionnelle, sonnant des débuts en fanfare pour ces deux esprits animés par la même quête d’un idéalisme vain. 

    Alabama Monroe

    Crise de foi et militantisme

    Dès le début, il y a un hic. Ce corps où l’abondance de couleurs déborde de vie et qui pourtant s’éteint à petit feu en apprenant l’inconcevable préfigure le pire. Car dans cet âge d’or, l’indienne à la peau colorée ne pouvait servir que de martyr à cette histoire et le cow-boy se rattacher à ce qu’il fait de mieux, affronter le mal de plein fouet. La passion a ainsi laissé place aux responsabilités parentales et nos amoureux transis prennent aujourd’hui soin de leur petite Maybelle, adorable fillette de sept ans à qui l’on a diagnostiqué un cancer.

    Rien n’est linéaire, tout est prévisible mais Alabama Monroe manipule ses cartes avec hardiesse. Le duo éclate, la dualité s’impose, ce qui n’était que sujet à sourire, à débattre fait à présent mouche. L’amour ne suffit pas à surpasser les maux, le pire des scénarios, celui qui pour autant a été accepté naïvement avec un oui en son essence. Félix Van Groeningen expose sans ménager la brutalité de la chose. La souffrance physique, la maladie, la mort d’un enfant, le gouffre affectif et la recherche vaine de coupables. Tout y est, ce qui questionne, fait naître la rage, aborde la genèse de nos croyances et la fatale condition de l’être humain.

    Alabama Monroe

    Toujours pragmatique, Didier se refuse à baisser les armes et s’insurge devant la présence tenace de dogmes religieux dans la société actuelle. Loin d’être aussi cartésienne que sa moitié, Élise coule sous les flots d’une peine qui lui semble insurmontable. Elle abandonne péniblement la lutte et se laisse vaguer à une crise de mysticisme aiguë. Le réalisateur ne passe rien sous silence et oriente malgré tout le débat vers une vision critique voire peu optimiste des croyances comme alliées nécessaires au combat. Un drame familial lourd qui pourtant ne sombre jamais dans le pathos et où le tragique pur de ces personnages les associerait presque paradoxalement à des figures quasi-intemporelles.

    Alabama Monroe se révèle donc la surprise choc à ne pas rater. Un film intense où la poésie côtoie l’ordinaire et où la chouine se pousse presque aussi aisément que la chansonnette. Un poème triste à l’esthétique enivrante et à la bande originale dramaturge. Alabama Monroe nous a littéralement transpercé, le coup de poignard ultime dans un cœur au semblant tatoué de quatre étoiles, celles qu’on s’accorde à donner avec vive émotion à ce film.

     

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