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  • L’élection à la dure d’une reine mère façonnée dans les décombres d’un pays en reconstruction.

    Bien loin des contes de fées, du glamour des concours de beauté ou de mini-miss, Keep Smiling compose sans paillettes ni tapis rouge, juste avec la réalité d’une taille 44 ou d’un bikini trop grand.

    Changement de cap pour cette jeune réalisatrice géorgienne avec ce passage à la fiction. Festivalière initiée et habituée au travail documentaire,  aborde ce film avec une même envie novice de jouer la carte de l’immersion totale. Dépaysement garanti, nous sommes prévenu, tâchons de garder le sourire comme conseillé. 

    Mais révisons tout d’abord notre histoire contemporaine. Car la Géorgie a beau faire quelque chose comme deux fois la taille de la Belgique, elle n’en reste pas moins méconnue par bon nombre d’entre nous. Ancienne république du bloc soviétique, le pays a gagné son indépendance il y a tout juste une vingtaine d’années. Des guerres d’indépendances et un conflit avec la Russie plus tard, c’est un pays égaré, brisé, au paradoxe certain, qu’on nous présente donc pour carte postale et décor principal de ce film.

    Qui veut gagner un appartement?

    A l’instar de ses confrères, le pays s’est également fait envahir le petit écran par des programmes de reality show. Dans la mouvance, niché entre patriotisme et vague moderniste, un concours de la meilleure mère de Géorgie voit le jour. Un jeu cruel, bancal et caractéristique, auquel nos protagonistes-mama vont s’inscrire afin d’adoucir leurs situations. 

    Keep Smiling film

    L’heureuse gagnante empochera un gros chèque et posera ses valises dans un nouvel appartement. Du pain béni en somme pour ces femmes, si l’on considère la pauvreté ambiante face à la répartition peu homogène des richesses dans le pays. L’émission, aussi généreuse paraît-elle avec ses doux appâts, ne fera évidemment pas impasse sur la potentielle valeur marchande de ses futures candidates.

    Le jeu des 10 familles

    Difficile de ne pas pouffer quand au casting de ces dix mères courage tant leur rôles paraissent abrupts. Peu de finesse, à regret, la caricature semble de mise pour asseoir le propos, pourtant certaines d’entre elles finiront toutefois par émouvoir l’audimat.

    Keep Smiling film

    Le portrait d’une époque se dresse, la réalisatrice rétrograde et se laisse rattraper par ses acquis. Le drame devient naturaliste, l’atout fictif, le laissez-passer au cynisme, au sourire ou au rêve, s’évapore. Sans humour, sans artifice, la gêne devient bien présente devant une si déplorable image de la femme.

    De la chair à canon

    Comme bercées entre deux époques, ces mères finissent par ne plus savoir qui elles sont ou doivent être. Et nous, on ne sait plus vraiment ce que l’on fait là. En façade, le concours s’érige digne représentant d’une nouvelle Géorgie, ouverte et libérale, mais en coulisse on anticipe amèrement l’ampleur des dégâts.

    Un passé où les traditions et l’ultra religion auront eu raison d’une mentalité sexiste, réactionnaire et manipulatrice. Se voiler la face ou faire écho de la situation, la réalisatrice en a fait son combat dans ce film. Sans vraiment offrir d’échappatoire, par pure solidarité, elle abat des cartes, certes avec beaucoup de maladresse mais sincèrement.

    Et pour jouer la critique de la critique, en forçant ces candidates à sourire malgré tout, le notre s’est subitement éteint. Rageant vaguement entre malaise et déception mais retrouvant pleinement son empathie envers ces nouvelles égéries.

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