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  • Prisoners porte bien son nom, tant son emprise est forte et nous cloue à notre siège durant plus de deux heures.

    Un bel exploit pour le petit poulain canadien qui a su ne pas se faire broyer par l’infernale machine hollywoodienne avec ce premier film en grandes pompes. Le réalisateur Denis Villeneuve, peu connu du grand public (auparavant, Incendies), gravit à son tour la colline avec une aisance annonciatrice et un casting un or. De quoi rendre ses lettres de noblesses à un genre qui s’éparpille bien trop souvent, le thriller.

    Avec un pitch des plus tragiques : dans la banlieue de Boston deux fillettes vont disparaître le jour de Thanksgiving, le réalisateur ne cherche qu’à éveiller notre compassion. Mission réussie, car devant les pénibles recherches des familles et de la police pour retrouver les petites vivantes, le spectateur ne reste jamais de marbre et se voit même investit. Immergeant ses personnages dans des conditions extrêmes, Denis Villeneuve désarme pour mieux inspecter. Une ruse alimentant avec grâce la dimension de chacun, laissant à la noirceur inhérente de ce thriller l’audace d’en révéler ses nuances psychologiques.

    Dans la lignée des excellents Mystic River, Gone Baby GoneZodiac ou encore Memories Of Murder (pour ne citer qu’eux), Prisoners brouille les pistes, échauffe et embue les esprits. Difficile ainsi de rester alerte devant tant d’éléments et un tel drame familial. Très réaliste tant dans son fond que dans sa forme, la tension est à son comble et le film parvient magistralement à garder une certaine intensité tout son long. C’est donc la boule au ventre que l’on assiste à ce terrible spectacle.

    Prisoners

    Denis Villeneuve a su s’entourer d’une équipe de talents, dont le très respecté Roger A. Deakins à l’image (il est le directeur de la photographie phare de Joel et d’Ethan Coen, rien que ça). L’atmosphère retenue est suffocante, Prisoners goutte, vente, grisonne à sa guise pour un rendu à la fois froid, nuageux et malsain. Des bases solides que viennent renforcer un scénario relativement béton et un trio d’acteurs au sommet. Trois protagonistes se révèlent littéralement sous nos yeux (Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal et Paul Dano) et nous livrent d’aussi justes que délectantes prestations.

    Prisoners est une réelle belle surprise, si l’on peut dire, un film de genre où rien n’est hasardeux. Une composition de maître pour ce réalisateur affectionné jusqu’alors bien plus par une presse spécialisée que par un large public. Un premier pas vers une ouverture méritée donc, avec ce film où la dualité dicte chaque pas, où les frontières s’amenuisent et où la foi fait sa crise. Prisoners bouscule, gravite et puise sa force en maltraitant ses personnages, s’attardant à confondre coupables et victimes, rage et implication, désir et vengeance ou encore l’autorité paternelle et la justice. Tout ce qui pouvait être établit n’est plus devant cette douleur, celle de la perte, en ce sens, Denis Villeneuve altère chaque précepte et il le fait avec un naturel désarmant.

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