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  • 6 ans après My Blueberry Nights, le réalisateur hong-kongais Wong Kar-wai est de retour pour nous raconter le destin de ces grands maîtres kung-fu de la Chine des années 1930.

    L’Histoire et son héritage

    Gong Baosen, maître incontesté de kung-fu, vient chercher son successeur dans la Province de Foshuan, au Sud de la Chine. Gong Er, sa fille, ne peut lui succéder car une telle place n’est alors pas laissée aux femmes, et ce, malgré son talent. Ma San, son fils adoptif, ne fait pas preuve quant à lui de suffisamment de sagesse, ne s’intéressant qu’à la gloire. C’est alors que le maître Baosen songe à Ip Man, un maître du Wing Chun talentueux et discret.

    the grandmaster

    Mais la Chine connaît à cette époque de profonds chamboulements (guerre avec le Japon, reprise de la guerre civile…) et il n’est dès lors plus question de succession. Trahisons, vengeance, amour impossible, Wong Kar-wai nous entraîne avec cette 2ème partie dans les méandres scénaristiques représentatifs de la situation de la Chine à cette période. Une chronologie difficilement lisible et déroutante, entre flash-back et interstices qui aura malheureusement tendance à créer de la confusion chez le spectateur. The Grandmaster est ainsi une invitation au voyage, celui de la redécouverte de la Chine d’avant la Seconde Guerre mondiale et de ses traditions. Un film non seulement sur les techniques du kung-fu, mais surtout sur leur histoire et la philosophie qui se cache derrière le style de chaque école. Wong Kar-wai fait ici l’éloge du passé à travers le portrait de ces maîtres kung-fu des temps anciens.  Le film nous montre pourtant que cet art d’antan n’est pas révolu et qu’il continue de perdurer grâce aux enseignements de certains de ces grands maîtres. Leurs chemins se croisent en effet une dernière fois à Hong-Kong. Terre d’immigration entre les années 1930 et 1950, le film aborde ici les origines de Hong-Kong, créée à partir des héritages de la Chine d’autrefois. 

    Ip Man, maître Wing Chun

    Ce n’est pas la première fois que la légende d’Ip Man inspire nos amis les cinéastes. On peut citer notamment Ip Man et Ip Man 2 de Wilson Yip. Mais Wong Kar-wai aborde son histoire sous un tout autre angle. Pour la première fois, l’histoire d’Ip Man commence au “Printemps” de sa vie, comme il le qualifie dans le film. Ip Man, interprété par Tony Leung, son acteur fétiche, a alors une quarantaine d’années. C’est un riche aristocrate qui mène une vie paisible avec sa femme et ses deux enfants. Il pratique le Wing Chun, un style de kung-fu du Sud du pays. Le kung-fu est pour lui un amusement. Le premier combat illustre tout à fait cet état d’esprit. Il y affronte seul une vingtaine d’hommes, faisant de la rue son terrain de jeu.  Sa perception de cet art martial évolue ensuite avec la rencontre de Gong Er, chez qui il trouve son égal féminin et dont il est secrètement épris. Ce qui n’était pour lui qu’une simple démonstration de ses compétences se transforme en jeu de séduction à travers un combat impressionnant. La guerre vient ensuite donner un coup dur à sa vie paisible d’aristocrate, plaçant le kung-fu au centre de sa vie. Il décidera ensuite d’enseigner en fondant son école à Hong-Kong où il formera le jeune Bruce Lee. Ip Man est selon Wong Kar-wai, le reflet des changements qu’a connus la Chine. Né sous une monarchie, il a ensuite vécu la guerre civile et sino-japonaise, la constitution d’une République pour enfin connaître la colonisation britannique de Hong-Kong. Ainsi ce film dépeint le vécu de ce maître kung-fu, nous montrant l’Histoire de la Chine à travers son regard. En connaissant les épreuves qu’il a traversées, on comprend dès lors ce qui fait sa grandeur.

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    Né à une époque où régnaient les traditions et où l’enseignement du Wing Chun était réservé à une élite, le personnage d’Ip Man ne se contente pas de poursuivre le rêve du maître Baosen qui était de réunir les différents styles de kung-fu. Il voit en effet plus loin que la Chine elle-même et ouvre cet art à d’autres élèves que la seule aristocratie.

    Le kung-fu, cette danse poétique

    Dans cette ambitieuse fresque sur cet art qu’est le kung-fu, Wong Kar-wai s’est attaché à rester fidèle à chacun des styles. Pour l’aider dans ce travail minutieux, il a fait appel aux savoirs du chorégraphe Yuen Wo Ping à qui l’on doit notamment les combats de Matrix ou encore Kill Bill, mais aussi de Xu Haofeng qui a apporté son regard sur les arts martiaux. Appartenant à une école de kung-fu, ce dernier a d’ailleurs co-écrit le script, apportant une touche personnelle et originale au film.  Wong Kar-wai a pourtant du faire un choix. En effet, un maître kung-fu n’a normalement besoin que d’un seul coup pour achever son adversaire. Or, conserver un tel aspect ne pouvait correspondre au rendu visuel souhaité pour le film. Le travail du réalisateur consistait alors à prolonger cet instant, ce coup. Malgré ce parti pris, les combats devaient garder leur authenticité. Il n’est pas question ici de rendre cet art irréaliste ni d’aller contre les lois de la pesanteur. Toujours dans le but d’apporter encore plus de crédibilité aux scènes de combat, les acteurs ont du suivre un long et rude entraînement. Ils ont ainsi tourné eux-mêmes les scènes de combat. Tony Leung s’est d’ailleurs cassé plusieurs fois le bras durant le tournage. Un exemple de persévérance qui montre la polyvalence de ces acteurs chinois.

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    The Grandmaster n’est pas seulement une démonstration de la richesse technique des différents styles de kung-fu, le film transforme aussi cet art en véritable danse poétique. Wong Kar-wai s’attache aux moindres détails, allant de la goutte d’eau qui tombe du chapeau d’Ip Man aux plis créés par le tournoiement de son habit. Autant de touches esthétiques qui donnent toute la beauté visuelle au film.  D’une beauté rare, ce film onirique plaira aux amateurs de kung-fu et aux fans de ce style si particulier dont Wong Kar-wai a le secret.  

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